Micro-BIC ou réel en LMNP : plafonds 2026, calcul et date d’option
Le loueur en meublé non professionnel a le choix entre deux régimes : le micro-BIC, qui applique un abattement forfaitaire à ses loyers, et le réel, qui déduit les charges effectives et l’amortissement du bien – Le premier est simple, le second est souvent plus favorable, et l’option obéit à un calendrier strict
Les plafonds et abattements du micro-BIC
| Type de location | Plafond de recettes 2026 | Abattement |
|---|---|---|
| Location meublée classique (bail meublé, étudiant, mobilité) | 83 600 € | 50 % |
| Meublé de tourisme classé, chambre d’hôtes | 83 600 € | 50 % |
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
Le plafond de 83 600 € est actualisé tous les trois ans : il s’applique aux revenus de 2026 à 2028, contre 77 700 € en 2025 – Le régime des meublés de tourisme non classés a été durci par la loi du 19 novembre 2024 – Le micro-BIC s’applique de plein droit tant que les recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année ne dépassent pas le plafond (article 50-0 du CGI)
Ce que le réel permet de déduire
- Les charges réelles : intérêts et assurance de l’emprunt, taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurance, frais de gestion, comptabilité, petits travaux
- L’amortissement du bâti, des travaux et du mobilier, calculé par composants – Le terrain ne s’amortit pas
- Une limite à connaître : l’amortissement ne peut pas créer de déficit (article 39 C du CGI) – La part excédentaire est reportée sans limite de durée sur les années suivantes
Le résultat se déclare sur une liasse fiscale 2031 et 2033 – Pour comprendre le calcul de l’amortissement, voir aussi le guide d’APR Patrimoine
Exemple chiffré : 12 000 € de loyers
Un appartement meublé acheté à crédit rapporte 12 000 € de loyers par an – Les charges déductibles (taxe foncière, copropriété, assurance, gestion) s’élèvent à 3 000 €, les intérêts d’emprunt à 2 000 € – L’amortissement annuel est de 6 500 € – Le foyer est dans la tranche à 30 %, les prélèvements sociaux sur ces revenus sont de 18,6 %
| Micro-BIC | Réel | |
|---|---|---|
| Loyers | 12 000 € | 12 000 € |
| Abattement ou charges | – 6 000 € | – 5 000 € |
| Amortissement déduit | – | – 6 500 € |
| Revenu imposable | 6 000 € | 500 € |
| Impôt sur le revenu (30 %) | 1 800 € | 150 € |
| Prélèvements sociaux (18,6 %) | 1 116 € | 93 € |
| Total | 2 916 € | 243 € |
L’écart dépasse 2 600 € par an, bien au-delà du coût d’une déclaration au réel – Il se réduit à mesure que les intérêts baissent et que le mobilier finit d’être amorti – Ces amortissements seront en outre réintégrés dans la plus-value en cas de revente (voir la réintégration des amortissements)
Comparer avec vos chiffres
Le simulateur gratuit compare les deux régimes sur vos loyers, vos charges et votre crédit, année par année – Lancer le simulateur micro-BIC ou réel
Quand et comment opter pour le réel
L’option doit être exercée dans le délai de dépôt de la déclaration de revenus de l’année précédente (article 50-0, 4 du CGI) – Exemple : pour relever du réel sur les revenus de 2027, il faut opter avant la date limite de la déclaration des revenus de 2026, au printemps 2027 – Une activité nouvelle peut opter jusqu’au dépôt de la déclaration de sa première année
L’option est expresse mais sans formalisme : un message par la messagerie sécurisée de l’espace professionnel suffit (BOI-BIC-DECLA-10-30) – Elle vaut un an et se reconduit tacitement – Pour revenir au micro-BIC, il faut y renoncer dans le délai de dépôt de la déclaration de résultats de l’année précédente
Les erreurs fréquentes
- Opter trop tard – Une option exprimée après la date limite ne vaut que pour l’année suivante, et ne peut pas être rattrapée par une réclamation
- Comparer sans l’amortissement – C’est lui qui fait le plus souvent la différence, surtout les premières années
- Oublier la reconduction tacite – Le réel continue de s’appliquer tant que l’option n’est pas dénoncée
- Confondre LMNP et LMP – Au-delà de 23 000 € de recettes, si elles dépassent les autres revenus d’activité du foyer, le loueur devient professionnel, avec d’autres règles (article 155, IV du CGI)
- Oublier la plus-value – Le gain fiscal du réel se paie en partie à la revente depuis 2025